(Mais pas trop, faut pas pousser non plus !)
Je viens d'une famille où on se dit très peu de bonne choses, on ne se dit jamais je t'aime, on ne se fait jamais de câlins, et surtout on ne se dit jamais que c'est bien (ou alors quand c'est excellent), j'ai été bercée au doux son du proverbe "marchandise vantée, marchandise avariée", on ne dit pas que c'est bien, des fois que l'idée vienne de relâcher les efforts..
Le pire dans l'histoire, c'est que ça fonctionne, pendant un temps. On avance avec cette envie de bien faire, ce besoin de reconnaissance viscéralement chevillé au corps, montrer au monde que oui, on peut y arriver. Oui ça marche. Mais en ce qui me concerne ça n'a fonctionné qu'un temps..
D'une éducation comme la mienne, on peut à mon sens garder deux choses, en veillissant.. Certains gardent le désir de toujours se surpasser, de toujours faire mieux. Eternels insatisfaits, ils se donnent toujours plus à fond. Et certains, comme moi, gardent dans la bouche le gout métallique de l'échec, celui de n'avoir jamais réussi à satisfaire ceux qui sont supposés croire en vous.